Quels sont les facteurs et indicateurs de risques psychosociaux dans une entreprise ?

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Les risques psychosociaux sont une problématique importante dans le monde du travail. De nombreuses entreprises, dans le respect du cadre légal de prévention, ont institutionnalisé l’analyse des facteurs de RPS au sein de leur organisation et s’appuient pour cela sur différentes typologies.

Typologie des causes et des facteurs d’augmentation des RPS dans une organisation

L’identification des risques psychosociaux est toujours délicate car ils sont nombreux et multiples. C’est pour cette raison que de nombreux chercheurs et experts ont depuis plusieurs années proposé différentes typologies des facteurs de risques afin de saisir au mieux cette complexité. Le modèle le plus usité en France est celui proposé par Michel Gollac et Marceline Bodier dans le Rapport Gollac. Ils distinguent 6 catégories de facteurs de risques psychosociaux (source : INRS).

  1. « Intensité et temps de travail » : une demande excessive ou très mal régulée vis-à-vis du collaborateur, des horaires de travail bien trop lourds, ou atypique et sans planning, une surcharge de travail accompagné d’objectifs irréalistes ou non-quantifiable.  
  1. « Exigences émotionnelles » : cette dimension concerne exclusivement les métiers en relation avec un public. Il faut alors pouvoir faire face à la souffrance d’autrui et être capable de se conformer à un certain type de comportement, et cela en dépit de ses propres ressentis.  
  1. « Manque d’autonomie » : un collaborateur soumis à une quantité très limitée de taches identiques ne trouve aucun espace pour exercer son inventivité et sa liberté. Par conséquent, il lui est impossible de faire l’expérience d’un développement de ses compétences ni de ses capacités décisionnelles.  
  1. « Rapports sociaux au travail dégradés » : des rapports entre collaborateurs dégradés ni aucune perspective d’intégration durable ou encore d’évolution de carrière.  
  1. « Conflit de valeurs » : les salariés expriment de plus en plus le besoin d’être, si ce n’est fiers de leur travail, en accord relatif avec les valeurs de l’entreprise
  1. « Insécurité de la situation de travail » : la précarité de l’emploi, la peur de perdre son emploi ou encore l’impossibilité de maintenir un niveau de salaire correct créent chez le salarié une inquiétude vis à vis de l’avenir de son métier et par conséquent de l’avenir en général.  

Ces facteurs de RPS peuvent se compenser (une surcharge de travail accompagnée par soutien moral de la hiérarchie important), ou se renforcer (une demande insensée de productivité alliée à un manque de reconnaissance). Ainsi, les RPS représentent un risque aggravé quand ils sont nombreux, s’inscrivent dans la durée et sont antagonistes (une forte demande de rentabilité avec une faible rémunération par exemple).

Les facteurs de risques psychosociaux conduisent à l’apparition de comportements nocifs pour la santé des collaborateurs, c’est ce que l’on nomme RPS (cette problématique mélangent souvent causes et conséquences) :    

Il est donc essentiel de pouvoir mesurer les facteurs de risques psychosociaux et d’objectiver autant que faire se peut la situation psychologique et sociale des collaborateurs d’une entreprise.

Comment évaluer le climat social et psychologique d’une entreprise ? Bref historique des modèles d’épidémiologie du travail

Il est important de discerner les indicateurs et d’objectiver les facteurs de risques psychosociaux pour pouvoir résoudre et prévenir des situations parfois extrêmement complexes.

Progressivement, les chercheurs ont mis en place des grilles de lecture pour tenter d’objectiver les ressentis des collaborateurs. Les premiers modèles d’épidémiologie du travail apparaissent dans les années 1970.  

Progressivement se sont mis en place d’autres indicateurs et tests quantitatifs.